un Poème pour une visite

Poème choisi de façon aléatoire dans notre fonds à chaque visite de cette page.

La pensée palpe le monde
comme un tact suppléant.
Ou peut-être titulaire.
On touche les choses à neuf quand on les pense.
Penser le monde c’est l’atteindre.

 

Mais il y a des nuits trop longues,
des jours vraiment livides
et certains clairs-obscurs défaillants
où il nous faut toucher les choses avec les doigts.

 

Toucher un corps, par exemple,
comme un tiède talisman contre la mort.
Ou toucher son propre visage
pour s’assurer qu’on n’a pas encore disparu.

 

La pensée est matière aussi
et la matière pensée,
mais l’agonie de l’homme est plus encore.

 

C’est peut-être un autre toucher
qui ordonne ses fonctions.