Hommage — Des poèmes pour étoiles : Claire Malroux

Martin Rueff
par Martin Rueff

Chères amies, chers amis,

J’ai la grande tristesse de vous faire part de la mort de Claire Malroux, survenue en silence il y a plus d’un mois, le 4 février 2025.

 

Claire était née en septembre 1925.

Elle était poétesse et traductrice, et on lui doit non seulement la traduction d’Emily Dickinson qu’elle a servie avec constance jusqu’à la publication de son essai, Chambre avec vue sur l’éternité : Emily Dickinson (Gallimard, 2005), mais aussi des traductions de Marylin Hacker, de Derek Walcott, d’Elizabeth Browning et de beaucoup d’autres voix d’Amérique.

 

Elle avait publié plusieurs recueils de poèmes, dont La femme sans paroles en 2006, Traces et sillons en 2009 et Météo miroir en 2020. Dans Soleil de jadis (Le castor astral, 1998), elle évoque son enfance et la mort de son père, Augustin Malroux, socialiste et résistant français mort dans un camp de concentration en avril 1945.

 

En 1989, elle avait fait paraître Emily Dickinson, Poèmes, dans la collection l’Extrême Contemporain dirigée par Michel Deguy.

 

Elle entre au conseil de rédaction de la revue en 1998 (n° 86) ; elle intègre le comité de rédaction ; puis s’éloigne de la revue en 2015, à notre grand regret. Nous nous souvenons de sa présence aux comités, discrète et drôle, passionnée dès qu’elle défendait une poétesse ou un poète, profonde, silencieuse, attentive.

 

À la mort de Michel, elle m’avait écrit une lettre très émouvante.

Nous lui rendrons hommage.

 

En attendant, je vous laisse avec les dernières lignes de la préface qu’elle rédigea pour sa traduction des cahiers de poèmes 1861-1863 d’Emily Dickinson (Une âme en incandescence, Corti, 1998) : « Se laisser transporter dans l’espace, de l’Etna au Chimborazo. Rencontrer l’aigle et le moucheron. Rêver du miel rare et constant de l’abeille. Veiller au chevet des morts pour leur arracher leur secret. S’enrouler dans les minuscules circonvolutions d’un cerveau, si vaste pourtant qu’il contient le Ciel avec des poèmes pour étoiles ».

Martin Rueff