Victoires de l'indifférence — De la banalité du mal en régime de fiction médiatique (d’Harendt à Angot)

Gisèle Berkman
par Gisèle Berkman

Tout comme Les Bienveillantes, de Littell, l’autofiction d’Angot,
Le Marché des amants, procède du dévoiement marchand
de la “banalité du mal” au profit d’un accroissement du frisson pervers.

La scène se passe dans la dernière auto-fiction de Christine Angot, Le Marché des amants, estampillée « roman ». Une chambre d’hôtel, à Nice. Ebats de la narratrice et de « Bruno » (Bruno Beausire, plus connu sous l’identité du rappeur sarkozyste doc Gynéco), sur fond de « documentaire en noir et blanc sur la Shoah,

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Voies de la voix — Tempestive deuxième

Claire Malroux
par Claire Malroux

De la difficulté à lire la poésie en public — et à l’entendre lire.

À la suite du texte inaugural de Michel Deguy, je propose ici un pendant qui a trait, beaucoup plus modestement, à une lecture non pas internationale ni nationale mais tout simplement parisienne :

J’ai été contrainte de renoncer pour des raisons de fatigue à une séance autour de la traduction. organisée dans une université […]

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(Dés)esperanto — Remarque sur le culturel international festivalier

Michel Deguy
par Michel Deguy

Obéissant aux canons du culturel et soigneusement calibrés “internationaux”, les festivals de poésie s’alignent. Pour autant,
on ne goûte guère la langue des poèmes…

Pour être financée (ils disent « sponsorisée »), autrement dit « visible » par existence sociale, une manifestation culturelle, ou, disons, le culturel en général, doit être international.

Dans le cas de la poésie, les conditions de sa mise en festival international, c’est-à-dire de sa survie objective (pense-t-on), la rendent précisément insignifiante ; ce qui veut dire :

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