Billet — Philosophie & opinion

Michel Deguy
par Michel Deguy

Depuis deux siècles le caractère français est formé par l’enseignement ;
et celui-ci, « secondaire », est finalisé – en classe « terminale » en effet – par la philosophie. La fin des études est, ou plutôt était, grecque, socratique : singularité nationale, par où la France est généralement incomprise.

La classe de philosophie s’ouvre avec Socrate [

Lire la suite

Billet — Éteignez la clim !

Michel Deguy
par Michel Deguy

Et non pas « adieu Donald », mais « au diable ! »

Le standard du confort américain (welfare state), non négociable, a reçu de Henry Miller, il y a cinquante ans, son appellation véridique : « Le cauchemar climatisé ». La clim, non pas symbole ou métaphore, mais voyant rouge de la consommation destructrice (« destruction créatrice »), atmosphère de la société américaine : si seulement ce peuple mal élevé supportait 20 degrés […]

Lire la suite

Adieu — Notre P. O.

Michel Deguy
par Michel Deguy

Pierre Oster est mort à 87 ans, rue de la Convention où il habitait avec Angela, immobilisé depuis plusieurs années par le diabète. La revue Po&sie perd un des plus anciens membres du comité fondé en 1977.

Un sédentaire ? Le contraire. « Où est Pierre ? », nous demandions-nous dans les années 60. À Moscou sans doute, […]

Lire la suite

Billet — La catastrophe langagière

Michel Deguy
par Michel Deguy

Dans Les jeux de la langue[1], Jacques Derrida, commentant une lettre prophétique de Scholem qui annonce la catastrophe de la sécularisation de la langue hébraïque sacrée dans le parler d’Israël, cite une phrase de Stéphane Mosès : « Lorsqu’une société tout entière détourne la langue qui fut celle de ses traditions religieuses […]

Lire la suite

Billet — Du blasphème

Michel Deguy
par Michel Deguy

« Blasphêmia ». Ce sont paroles mauvaises, profanes, impies « eis Théous » ; médisance ou calomnie, de mauvais augure. Les dieux sont nombreux, et la cité bruit de blasphèmes.

Mais aujourd’hui dans nos parages, ce mot grec « savant » sonne comme un monstre aux oreilles illettrées ; fait peur. On le tient pour un attentat contre le Dieu.

Il […]

Lire la suite

Billet — L’affaiblissement de l’Utopie

Michel Deguy
par Michel Deguy

Chers amis,

Tout déconfits nous ne nous sommes pas revus depuis des mois, et nous nous revoyons – un peu, dans la mascarade générale, pour accueillir enfin l’automne. Avant de vous présenter les numéros récents 172/173 de Po&sie et d’esquisser l’avenir, permettez-moi, en liminaire, de vous soumettre quelques observations tempestives.

 

On a beaucoup parlé […]

Lire la suite

Billet — Billet de billets

Michel Deguy
par Michel Deguy

La 5G

La 5G, c’est comme le rasoir : cinq lames, c’est mieux que quatre, mais c’est moins bien que six. Plus vite ! Plus vite !

Et de toute façon, c’est fait : « Tout le monde l’a ».

Aucun « débat » n’a jamais suspendu « le Progrès » ; ni rallumé la lampe à huile. La Recherche est le Fatum de l’humanité […]

Lire la suite

Billet — Les deux corps de la femme

Michel Deguy
par Michel Deguy

 Ce propos même, signé d’un prénom masculin, passera bien sûr pour faussé par l’indice de réfraction de son milieu, et préjugé machiste.
Ne-uter, ni l’un(e) ni l’autre ? Peut-il y avoir neutralité quand il y va de l’énigme du neutre ? Rappelons-nous que Baudelaire appelait « Duellum » la polarité sexuelle, « foudroyante », à la vie à la […]

Lire la suite

Billet — Fin du Débat

Michel Deguy
par Michel Deguy

Les statistiques ne mentent pas ; comment le feraient-elles ? Mesures d’exactitude de certains « faits » prédéterminés par l’intelligence calculatrice, elles n’ont pas de rapport à la vérité. La jauge en unités de mesures « scientifiques » n’est pas exercice de jugement. Si « l’Islam » est en cause, par exemple, la question n’est pas de compter les musulmans qui « ne reconnaissent […]

Lire la suite

Billet — Beyrouth

Michel Deguy
par Michel Deguy

Beyrouth. Un symbole ? Non. Une allégorie ? Non.  Une métaphore ? Non.

Théâtre du monde « in quo prodimus » (Descartes) – tragiquement, aujourd’hui masqués. Un monstre montrant ce qu’il advient de toute société dans son ingérabilité implosive sans issue politique.

C’était la « poudrière » ? C’est la poudrière en explosion ; le ralenti-accéléré de l’autodestruction. Un Hiroshima autochtone (malgré […]

Lire la suite